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Sauvegarder son site : ce qui protège vraiment

Une sauvegarde qui n'a jamais été restaurée ne protège de rien. Ce qui protège : une copie hors du serveur, plusieurs générations conservées, la base de données incluse, et un essai de restauration réel, fait au moins une fois, avant d'en avoir besoin.

Par M'hamed Hafsia, développeur indépendant à Nice · · · 6 min de lecture

Par quoi commencer : savoir ce qu'on sauvegarde

Un site n'est pas un dossier de fichiers. C'est au minimum deux choses : les fichiers, et la base de données qui contient les pages, les commandes, les comptes. Sauvegarder l'un sans l'autre donne une copie inutilisable.

S'y ajoutent souvent des éléments oubliés : la configuration du serveur, les certificats, les fichiers envoyés par les visiteurs, les paramètres de messagerie. Une restauration qui redonne le site mais perd les pièces jointes des six derniers mois n'est une réussite pour personne.

La première chose à écrire n'est donc pas un script, c'est une liste. Qu'est-ce qui, s'il disparaissait cette nuit, ne se retrouverait nulle part ailleurs ?

Étape 2 : la copie doit sortir du serveur

Une sauvegarde stockée sur la même machine que le site protège d'une fausse manipulation et de rien d'autre. Elle ne protège ni d'un incendie, ni d'une défaillance de disque, ni d'un rançongiciel, qui chiffre en priorité tout ce qu'il trouve, sauvegardes comprises.

La règle courante est dite « 3-2-1 » : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site. Pour une TPE, cela se traduit concrètement par la copie sur le serveur, une chez l'hébergeur via ses instantanés, et une ailleurs — un espace de stockage distant ou un disque chez vous.

Cette dernière est celle que presque personne n'a, et c'est la seule qui sauve dans les scénarios graves.

Étape 3 : garder plusieurs générations

Une sauvegarde qui écrase la précédente chaque nuit protège d'un incident détecté le jour même. Elle ne protège pas d'une corruption remarquée trois semaines plus tard, parce que la copie saine a été écrasée vingt fois entre-temps.

Un schéma simple et suffisant : les sept derniers jours, les quatre dernières semaines, les six derniers mois. Le volume reste raisonnable et la profondeur couvre les cas réels.

Comment vérifier que c'est fait correctement ?

En restaurant. Pas en regardant la taille du fichier, pas en lisant un rapport vert : en remontant réellement le site ailleurs, et en vérifiant qu'il fonctionne.

Un essai sérieux répond à quatre questions : l'archive s'ouvre-t-elle sans erreur ? la base se recharge-t-elle intégralement ? le site se lance-t-il ? les données récentes sont-elles là ?

C'est un exercice d'une heure, à faire une fois par an et après tout changement d'hébergement. Le reste du temps, on peut se contenter de vérifier la date et le poids des archives — un poids qui s'effondre du jour au lendemain est le signe le plus fréquent d'une sauvegarde qui a cessé de fonctionner en silence.

FAQ

Questions sur ce sujet

Les questions qui reviennent le plus souvent. Si la vôtre n'y est pas, posez-la : la réponse est gratuite.

À quelle fréquence sauvegarder ?
Posez-vous la question à l'envers : combien de travail acceptez-vous de refaire ? Un site vitrine qui change deux fois par an se contente d'une sauvegarde mensuelle et d'une avant chaque intervention. Une boutique qui enregistre des commandes doit sauvegarder quotidiennement, parfois plus. La fréquence n'est pas une question technique, c'est une décision de gestion.
L'hébergeur ne sauvegarde-t-il pas déjà ?
Souvent, oui, et c'est une bonne couche. Deux limites cependant : la durée de rétention est courte chez la plupart des offres d'entrée de gamme, et ces sauvegardes servent d'abord à restaurer l'infrastructure de l'hébergeur, pas votre contenu. Lisez la durée exacte de conservation et la procédure de restauration avant de compter dessus — le moment où l'on découvre qu'elle dure quarante-huit heures est rarement le bon.
Une sauvegarde suffit-elle contre un rançongiciel ?
Elle est la seule chose qui permette de refuser de payer, à une condition : qu'elle soit hors de portée du logiciel malveillant. Une copie sur un disque branché en permanence ou sur un espace accessible avec les mêmes identifiants que le serveur sera chiffrée en même temps que le reste. Ce qui protège, c'est une copie déconnectée ou non modifiable, et des accès distincts de ceux du site.

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Article révisé le 16/09/2026.